La Clinique des Fascias
La Clinique des Fascias

Les fascias, kezako?

Les fascias, kezako ?

1- Définition

Le fascia a été longtemps considéré comme un simple tissu d'enveloppe qu'il fallait enlever pour pouvoir observer plus distinctement les éléments anatomiques (Schleip, 2012). L'apprentissage de l'anatomie et de la physiologie s'est ainsi le plus souvent faite en méconnaissant ce tissu. Seuls des cliniciens ont accordé une place essentielle au fascia comme la chirurgie, l'ostéopathie, le rolfing ou la fasciathérapie. Au cours de la dernière décennie, l'intérêt pour ce tissu n'a cessé de croître se traduisant par un nombre croissant de recherches (Schleip, 2012) aboutissant à une meilleure compréhension des rôles et fonctions de ce tissu et à une plus grande connaissance des mécanismes d'action des thérapies manuelles et gestuelles qui s'adressent au fascia.

La définition commune, issue de son éthymologie latine, désigne le fascia comme un tissu qui relie les éléments anatomiques entre eux "bandage, liaison". Cette définition est confirmée par les premières observations des fascias (Bichat, 1827; Salmon, 1936). Les anatomistes divisent le fascia en deux couches distinctes: le fascia superficiel (sous cutané) et le fascia profond. D'autres auteurs ont circonscrit le fascia au système musculo-aponévrotique alors que certains incluent le fascia viscéral (Paoletto, 2006).

 

Les premiers Fascia Research Congress (I et III) ont fait évoluer cette définition en décrivant le fascia comme: "le composant tissulaire mou du système tissulaire conjonctif qui imprègne le corps humain. Ce tissu conjonctif est omniprésent dans le corps humain. Il forme une matrice continue en trois dimensions offrant un support structurel à tout l'organisme. Les fascias interpénètrent et entourent tous les organes, muscles, os et fibres nerveuses. Ils forment un environnement unique pour le fonctionnement des systèmes de notre organisme. Le champ de cette définition s'étend à tous les tissus conjonctifs fibreux et inclut les aponévroses, les ligaments, les tendons, les réticanula, les capsules articulaires, les membranes vasculaires et organiques, les méninges, le périoste et les fibres intra et intermusculaires du myofascia" (Traduction de la page International Fascia Research Congress).

 

Cette définition étend le terme fascia à de nombreuses structures conjonctives ayant toutes la même composition bien que leur constitution varie en fonction des nécessités locales. Elle efface ainsi les lignes de démarcation, le plus souvent arbitraires, entre les capsules articulaires, les ligaments et les tendons intimement et fait émerger l'existence d'un seul réseau tensionnel interconnecté qui adapte l'arrangement et la densité de ses fibres aux demandes tensionnelles locales. (Natale and al, 2014)

 

Lors du 4th Fascia Research Congress, une définition en deux parties a été proposée (Stecco, 2015). La première envisage le fascia comme un tissu dissécable, constitué d'un ensemble de cellules similaires, de même origine et assurant une même fonction. Elle se rapproche de la Terminologia Anatomica qui distingue fascia superficiel, fascia profond et fascia viscéral. La seconde partie envisage également le fascia comme un organe (ensemble de tissus regroupés ayant des particularités anatomiques et fonctionnelles) et comme un véritable système (un groupe inter-agissant, inter-relié et inter-dépendant d'éléments formanet un ensemble complexe).

 

 

2- Les propriétés du fascia 

Les recherches les plus récentes ont permis de mieux comprendre les propriétés du fascia et son rôle dans le fonctionnement du corps humain. Le fascia forme un réseau unifiant les différentes parties du corps et assure ainsi la continuité tissulaire. Il est omniprésent au sein de l'organisme et est à présent considéré comme un organe à part entière.

La continuité tissulaire

Omniprésent dans l'organisme, le fascia est avant tout garant de la continuité tissulaire. Les observations endoscopiques in vivo réalisée par le Dr. Guimberteau ont mis en évidence l'existence d'un réseau fibrillaire ininterrompu reliant la surgace de la peau aux zones les plus profondes du corps. Ce système fibrillaire se retrouve à tous les niveayx d'organisation de la matière vivante (peau, muscle, nerf, périoste). Il fait du corps anatomique, habituellement envisagé comme étant composé de parties, un corps unifié, sans discontinuité tant en périphérie qu'en profondeur.

Cette architecture fibrillaire est conçue pour permettre une mobilité interne maximale de tous les organes dans toutes les directions et pour s'adapter en se déformant (dans le sens de la compression et de la tension) aux différentes contraintes qui lui sont imposés. Lors de mouvement ou de toute autre contrainte, les fibres tissulaires répondent en s'orientant de façon adaptée et non linéaire dans la direction qui leur est imposée. Le but de cette adaptation étant de maintenir la continuité tissulaire (pas de rupture) et de transmettre, diffuser et absorber la force appliquée.

Cette continuité tissulaire est garante de l'unité fonctionnelle grâce au maintien de la forme corporelle et de son intégrité: "Nous ne devons pas oublier que cette architecture fibrillaire est conçue pour permettre une mobilité maximale en préservant les tissus environnants. Les fibres doivent donc être en mesure d'absorber l'énergie parce qu'elles doivent faire face à la contrainte sans se briser ou se rompre." (Traduction de la présentation Fascia Sliding de J.C. Guimberteau, FRC 2015)

L'équilibre tensionnel

La transmission de contraintes mécaniques est l'une des premières fonctions du fascia ayant été mise en évidence (Lombard, 1887). Aujourd'hui, de nombreuses études montrent que le fascia est capable non seulement de transmettre une force longitudinalement (Huijing, 1999), mais également aux structures adjacentes (muscles antagonistes compris) (Lieutaud, 2015; Courraud-continuite-embryo, Dupuis, 2015).

Au niveau histologique, les travaux de Langevin ont montré récemment que les fibroblastes du fascia aréolaire maintenaient une tension, un tonus basal permettant de garder une sous-hydratation du tissu et ainsi une régulation des échanges trophiques et des propriétés visco-élastiques du fascia (Langevin, 2013). Des études sur cette dernière propriété ont montré que l'acide hyaluronique présent dans le fascia était crucial dans la gestion de l'activité musculaire et qu'un déséquilibre pouvait créer une raideur ou activer le système nociceptif (Cowman, 2015) et d'autres études ont montré que les thérapies manuelles avaient un impact direct sur l'acide hyaluronique (Chaitow, 2014).

La contractilité et le tonus fascial

Depuis une dizaine d'années, un nombre croissant d'études montrent que les fibroblastes, cellules clés du fascia, sont capables de se spécialiser et de se doter de propriétés contractiles en devenant des myofibroblates (Hinz, 2001). Ainsi, le fascia est capable de répondre à une contrainte mécanique en se dotant de capacités contractiles. Schleip envisage ainsi qu'il puisse y avoir de véritable contractures fasciales (Schleip, 2005). D'autre part, le fait qu'on retrouve un nombre important de myofibroblastes dans des pathologies telles que le syndrome de Dupuytren ou l'épaule gelée, mais également dans les lombalgies chroniques, certains auteurs proposent la notion de "lombes gelées" (Willard, 2012). Ainsi, le fascia peut, par ses capacités de contraction, être à l'origine de douleurs ou de modifications de l'équilibre tensionnel du corps. Si ce phénomène n'intervient pas directement dans la fibromyalgie, il peut cependant être à l'origine de douleurs secondaires.

La sensibilité

Si la sensibilité du fascia a pu poser question par le passé, il est maintenant démontré qu'il possède des capacités sensitives riches. On retrouve dans le fascia à la fois des terminaisons libres et des capteurs sensoriels (Golgi, Paccini et Ruffini). Il semblerait même que la majeure partie de la proprioception et de l'intéroception soient assurées par les récepteurs intra-fasciaux, faisant du fascia "l'organe le plus sensoriel" (Schleip, 2015).

Du point de vue de la nociception, Schilder (2015) a montré que le fascia était plus sensible à la douleur que le muscle ou la peau et qu'il était la seule strucure à solliciter la part émotionnelle de la douleur. Une autre étude a permis de mettre en évidence qu'une stimulation des nocicepteurs du fascia pouvait déclencher une activité nociceptive dans les territoires adjacents, y compris dans des métamères différents (Tesarz, 2011).

Son rôle dans la régulation de l'inflammation, la nociception et la répartition des contraintes mécaniques en font une cible privilégiée dans le traitement de la fibromyalgie.

 

3- Les différents tissus conjonctifs

 

Le tissu conjonctif sans prédominance

Le tissu conjonctif lâche, aérolaire: c'est un tissu de remplissage caractérisé par une disposition lâche des fibres et une substance fondamentale importante faisant de lui un lieu d'échanges privilégié. Le nombre de fibroblastes et de macrophages dans la matrice est particulièrement élevé. On y trouve également des fibres de collagène, élastiques et quelques fibres de réticuline qui cheminent sans orientation particulière (épithéllium, organes).

Le tissu conjonctif avec prédominance

  • Le tissu conjonctif muqueux: c'est un tissu pauvre en fibre et en cellule mais caractérisé par l'abondance de substance fondamentale (cordon ombilical, pulpe des dents jeunes).
  • Le tissu conjonctif rétiforme: voison dans sa composition du tissu aérolaire, les fibres de collagènes sont ici disposéés en travées anastomosées les unes aux autres.
  • Le tissu élastique: c'est un tissu peu abondant qui est constitué essentiellement de fibres et de lames élastiques (ligament jaune, ligament des cordes vocales).
  • Le tissu adipeux: il s'agit d'un tissu à prédominance cellulaire notamment les adipocytes, riches en eau, en protéines, en substances minérales et en lipides (médiastin, épiplon, moelle osseusse, ...).
  • Le tissu conjonctif réticulé: il possède une prédominance de cellules et de fibres réticulées (organes lymphoïdes: ganglions lymphatiques, moelle rouge des os et rate).
  • Le tissu à prédominance de fibres de collagène ou tissu conjonctif dense: il est composé principalement de fibres de collagène, isolées ou en faisceaux, très serrées les unes contre les autres.

Le tissu conjonctif dense non orienté (semi modelé)

Tissu dont les fibres de collagènes sont enchevêtrées sans orientation prédominante. Il possède des interstices dont la dimension varie, entraînant par la même occasion une diminution de la substance fondamentale. On trouve essentiellement des fibroblastes et des macrophages (périoste, épimysium, dure-mère, cloisons de certaines glandes, derme,...).

 

Le tissu conjonctif dense orienté (modelé)

 

Tissu dont les fibres de collagène sont soit unitendues (tendues dans la même direction: tendon, ligament) soit pluritendues (plans superposés: aponévroses, cornée). Les fibroblastes sont plus rares.

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